Préparatifs


En longeant la Loire à vélo, j'avais remarqué un rando-kayakiste qui se laissait descendre au gré du courant. De là à en déduire  que le kayak est moins fatigant que le vélo...
Déjà un kayak n'est pas un vélo. Entre  son  transport s'élevant à plus de 600€ pour un Corse/Roanne, une location journalière  à 22€/jour négociée à 18 mais encore trop chère ou encore  un achat d'occasion sur le Bon Coin que je n'ai pas trouvé, je l'ai finalement transporté sur  un break 207 que je laisserai à mon point de départ pour le récupérer plus tard.
  
           

Le périple va enfin pouvoir commencer après ces problèmes d'acheminement  et quelques douleurs musculaires.

Villerest camping l' Orée du Lac

Arrivée à Villerest la veille, je passe deux nuits au camping L'Orée du Lac  pour les derniers préparatifs. 

Le calme avant la tempête


Ce matin j'ai essayé l'embarcation sur le lac avec tout le paquetage et je constate qu'il me manque de flottabilité.
Le kayak se remplit à l'avant et à l'arrière où j'ai fixé mon sac de vêtements alors que je n'ai pas encore  le ravitaillement.
Je décide de faire l'impasse sur quelque équipements de confort comme la bâche de survie et surtout mon chariot de transport, les portages se feront en tête  pour franchir les barrages.



Intéressé par une formule plat du jour introuvable  en Corse à ce prix, mon dernier repas sera  une frite-saucisse  au bar de la plage.

L'après-midi est consacré aux derniers achats , à la recherche d'une mise  à l'eau et d'un stationnement pour la voiture.


Roanne-Orléans






Etape 1 -Jeudi 21 juillet                 Roanne - Baugy            37 kms

Mise à l'eau au barrage EdF de Roanne après avoir déposé la Peugeot 207 à la gare routière  distante de 2 kms. Sur le point d'embarquer, je ne retrouve pas les lunettes de soleil. Je suis retourné à la voiture  où elles ne s'y trouvaient pas, 4 kms pour rien. Elles étaient trop bien rangées.J'ai laissé kayak et paquetage sur la berge où quelqu'un  avait entreposé  des sacs étanches.

Après la pause, une pagaye s'est déboîtée du manche, un bout de corde avec un emmanchement en force suffira. 


Au détour d'un méandre, j’aperçois la personne aux sacs étanches du matin   avec un kayak gonflable qui tente aussi l'aventure.

La Loire, paradis des oiseaux avec  échassiers, cigognes.....


Les villages sont rares tout comme les endroits pour  accoster  du fait des berges surélevées quant aux campings , ils sont inexistants, ce sera mon premier bivouac à Baugy. Ma batterie étanche est déchargée et le téléphone a déjà bien servi aujourd'hui.

Premier bivouac


  Etape 2- Ven 23     Baugy - Les Monins Coulanges        43 kms

J'ai planté la tente dans une pâture avec des herbes hautes et des chardons. Au réveil, je m’aperçois qu'il y a des bovins dans la parcelle voisine avec un Kangoo qui vient dans ma direction. C'est l'agriculteur qui me rend visite et s'inquiète de ce que j'ai à manger. Je refuse poliment avec des regrets quand j'apprends qu'il élève du bœuf charolais. Avec le recul,  même pour du pain au pâté trempé dans du café, j'aurai accepté mais voilà, la veille je me suis entaillé le gros orteil sur un piquet de tente et je dois éviter de marcher.


Digoin et son pont-canal

où je prends ma pause




et le  premier gros rapide à passer



La Loire mérite bien sa réputation  de fleuve sauvage, depuis mon départ et la traversée de Digoin j'ai vu très peu d'habitations car le fleuve est encaissé dans la végétation et les seules traces de vie  se limitent aux  centaines d'oiseaux que j'effraie  à mon passage.

                  


Toujours pas de camping et de violents orages sont annoncés dans la soirée. Je trouve une petite prairie qui surplombe la rivière où j'ai à peine le temps de monter la tente et dîner avant que la pluie se mette à tomber.


  Etape 3-Sam 24       Les Monins  Coulange - Cronat         41 kms

Les éclairs et coup de tonnerre vont se succéder jusqu'à 4 heure du matin. Sur mon promontoire, je vais avoir droit à un  spectacle "Sons et Lumières" et étonnamment je vais rester au sec dans la tente sous les pluies diluviennes.

Avec les intempéries de la nuit, les vêtements que je n'ai pas abrités dans la tente sont humides. En fin de matinée, les pluie reprennent et  je m’arrête à Diou . Le gardien  ayant fini son service, je squatte les  sanitaires du  camping municipal pour sécher les vêtements, me laver et surtout me reposer.

Dans le village , café et commerces sont en congé annuel, je ne trouve qu'une boulangerie pour ravitailler et acheter viennoiseries et sodas.

Ma rencontre avec  4 allemands en  canoë et kayak   et leurs  équipements de pluie me fond regretter le poncho que j'ai laissé à Roanne.

Ma navigation se fait maintenant en suivant les risques de précipitations  des prévisions météo.  Les éclaircies sont  prévues  en milieu d’après-midi quand je reprends la navigation.





Avec les pluies de la nuit, le débit de la rivière a augmenté et c'est en passant un rapide que je chavire, m' agrippant au kayak et tenant la pagaie, je suis traîné sur les rochers à fleur d'eau. Après l'entaille à l'orteil, c'est maintenant des éraflures sur les jambes qu'il va falloir cicatriser.




 


Au passage des petites cascades, l'avant du kayak  s'enfonce  et enfourne de l'eau dans le compartiment auto videur, alourdi, le bateau devient instable pendant tout  le temps que dure la vidange. 



Le soleil est revenu et  je rencontre trois autres kayakistes, des Français originaires des Haute-Alpes. 

Avant de bivouaquer, je revois les 4 allemands déjà installés  sur une plage. 

A la recherche du bivouac pour la nuit




Courbatures des premiers jours

Orage prévu


Etape 4  - Dim 25           Cronat - Decize                               28 kms
La plage de sable fin trouvée la veille et idéale pour y camper


Le soda acheté la veille à la boulangerie et bu dans la soirée  m'a fait lever dans la nuit. Je m’aperçois que le niveau de la rivière a changé, je me recouche en mettant l'alarme de mon téléphone.  Une heure après, surprise,  l'eau est quasiment arrivée à la tente. C'est en catastrophe que je déménage le bivouac et le kayak sur une élévation herbeuse.



Le rituel, du réveil  au départ:

    - se lever attendre que le soleil soit suffisamment haut en buvant un café.

    - démonter la tente et l'étaler avec son couchage ainsi que  les vêtements humides de la veille  pour les sécher au soleil quand il y en a.

    - prendre son petit déjeuner, puis ranger le tout avant de commencer sa journée de navigation.

Pour rejoindre Decize, le débit de la rivière est impressionnant, je croise une embarcation  des sapeurs-pompiers à contre courant, moteur à fond.

En longeant la berge je vois défiler la végétation, mon GPS m'indique une vitesse avoisinant les 12 km/h. 

Arrivée au camping des Halles de Decize à midi. A la brasserie du  club nautique, je prends enfin un vrai repas dominical. 



Arrivé au dessert, les trois français de la veille  débarquent  et me racontent  leur mésaventure. Avec la montée des eaux, ils ont perdu un kayak que les pompiers ont retrouvé, par contre  une pagaie a disparu. C'est le club local de kayak  qui leur en procura une.

Puis en fin d'après-midi, ce sont  les 4 allemands  qui font leur apparition, ils  ont été surpris dans leur sommeil  par l’inondation de leurs tentes. Avant de repartir, ils ont dû essorer et étaler  toutes leurs affaires afin de les  sécher .


 Repos forcé - Lun 26            Convalescence à Decize

La coupure au gros orteil ne se referme pas, j'ai aspergé  d'antiseptique, versé de l'éosine et entouré d'un pansement pour refermer la plaie mais l'humidité n'arrangera pas les choses. Je me décide donc à  rester ici la journée et découvrir la région. 


J'en profite pour longer le canal  parallèle à la Loire et celui du Nivernais qui rejoint le bassin de la Seine.

Le ravitaillement avec un faux filet et une bouteille de vin sans oublier l'achat d'une casquette pour remplacer la Schoffel disparue dans le chavirage de samedi.
Je passe la soirée avec les randonneurs de la Loire à vélo dont un qui passe les deux tiers de son année à voyager avec 39 kg de bagage.
La bouteille de vin y est passée.










































Etape 5-Mar 27                     Decize   -  Garchizy              52 kms

N'ayant pas réservé de pain à l'accueil du camping, je refais une dernière balade dans Decize pour le petit déjeuner. 

Dans la salle commune, j'ai préparé du café pour ceux qui en voudraient mais comme ils étaient déjà tous partis, j'ai vidé la cafetière, ce qui va m'occasionner d'atroces brûlures d'estomac toute la journée.

Pour passer le barrage de Decize, un  promeneur se propose de m'aider à porter le  kayak. Son frère a participé à trois olympiades dans la discipline. Il me donne quelques conseils pour la rivière.

 Arrivé à Nevers , le débit est trop important, je passe le kayak à la cordelle. 

L'après-midi, la   pluie refait son apparition.

Elle va s'éterniser et comme mon shorty et les chaussons en néoprène ne protègent  pas assez du froid. je trouve refuge sur une gabare pour me réchauffer.

La propriétaire a entendu du bruit et vient me rendre visite. Avec son mari, elle restaure ces embarcations faites pour naviguer sur la Loire.

 

Elle me propose d'y passer la nuit, mais j'ai  pris l'habitude de consulter  les bulletins météo avec les risques de pluie dans l'heure. Des éclaircies   étant prévues en fin de journée, je reprends la navigation.

Je bivouaque à Garchisy avec un super coucher de soleil


 Etape 6-Mer 28           Garchizy -Tracy/Loire                  35 kms

Réveil humide sous la pluie, grasse matinée forcée jusqu'à 8h30 avant de quitter la tente. Le temps de sécher les affaires , j'embarque vers 11h. 


Je rate l’arrêt à Pouilly/Loire qui signale la mi-parcours où j’aperçois les kayaks des trois français rencontrés à Decize.


Lors de ma pause à la Charité/Loire, je retrouve  les mêmes français qui me proposent un verre à la  terrasse d'un restaurant.  Refus poli car je dois ravitailler  avant de repartir et puis il préférable de repérer l'arche où le franchissement du  pont est possible.


  


 Je me laisse quand même tenter par un verre de Sancerre blanc sur la place du village avant de reprendre la navigation.




Pas trop de temps pour la sieste car  il faut passer le pont.


Un gros coup de fatigue m'oblige  à  arrêter dès la fin d'après-midi sur une petite île de la  Réserve naturelle du Val de Loire. Je vais paresser jusqu'au soir en grignotant chocolat et biscuits

Etape 7-jeu 29      Tracy/Loire - Châtillon sur Loire       41 kms

J'ai quasiment fait le tour du cadran . Tellement fatigué la veille que j'étais couché à 20 h et mon bivouac étant à l'ombre, j'ai dû attendre l'apparition du soleil pour me lever.

Pause  à Cosne sur Loire sur un banc public surplombant le fleuve, mon départ coïncide avec l'arrivée des trois Français.

 Passage de la Centrale nucléaire de Belleville   avec portage. Etant limité en flottabilité, j'ai   choisi de laisser le chariot  de transport à Roanne ce qui m'oblige à porter le kayak.

Un panneau m'indique une cale pour effectuer le portage. mais bizarrement, elle est à 500m du barrage alors que dans les guides il n'y avait que quelques mètres.

Quand j'accoste, il n' a pas de traces de passage et encore moins de sentier. Dans le doute et précipitamment , je laisse mon paquetage pour aller reconnaître le barrage où je trouve effectivement la mise à l'eau. Il me faut pagayer à contre courant sur les 500 m pour venir récupérer mes affaires.

Le passage ne m'a pris qu'une 1/2 h, j'y ai  passé plus 2 h 😠.

Je retrouve le camping municipal des Combes à Châtillon où j'ai séjourné l'année de l'EV6.

Premier camping depuis 3 jours avec salon, salle commune et WiFi

 



 Etape 8-Ven 30     Châtillon/Loire - Abbaye de Fleury       47 kms

Passage du pont canal de Briare par le dessous cette fois et c'est nettement moins attrayant que par le dessus.






Difficulté d'accostage où il faut parfois marcher
dans la vase pour rejoindre les quais puis  se changer et y laisser son paquetage avant un retour à la civilisation.

Pause à Giens le ciel est devenu menaçant , ne sachant pas ce que je vais endurer l'après-midi, je m'offre un plat du jour.



Passage de la centrale nucléaire de Dampierre



                               


En milieu d'après- midi le vent se lève et se renforce ce qui nettoie le ciel mais rend la progression difficile car il est dominant c'est à dire sud-ouest. Il faut composer avec les méandres de la rivière pour trouver la berge abritée ce qui  m'oblige à traverser, les vagues s'ajoutant aux difficultés.

Je passe le château de Sully où je ne m'arrêterai pas non plus cette année.



Bivouac à l'Abbaye de Fleury

Avec 2 cotes de porc grillées, des biscuits apéritif et une bière chaude que j'ai suspendue, entourée d'un linge humide pour la rafraîchir et ça marche.
 J'en suis venu à boire autre chose que de l'eau purifiée avec les pastilles au goût d'eau de Javel car ça m'occasionne trop de brûlures d'estomac, alors j'alterne vin et bière aux repas et je dors très bien.

 Etape 9-Sam 31             Abbaye de Fleury à  Chécy          30 kms



Courte journée prévue, ce soir je suis en week-end. Catherine, ma voisine de St Cyp doit me récupérer et  je dormirai enfin sous un toit. Tant mieux car le ciel  est une nouvelle fois chargé.


A l'approche d'Orléans, les villes et villages plus nombreux  sont devenus accessibles, avec des quais, des escaliers et des cales de mise à l'eau. Mes incursions sur la terre ferme se répètent pour le café du matin, le repas de midi  et l'en-cas  de l'après midi, ce qui rythme les journées.

Le transport du paquetage étant inconcevable, je laisse le tout sur la berge suffisamment sorti de l'eau et parfois attaché avec une chaînette au cas où des plaisantins auraient la mauvaise idée de remettre le tout à l'eau.
A Jargeau, nouveau plat du jour au resto Eaux des Lys avec la patronne d'un certain âge et certainement  son cuistot de fils qui vont se livrer à une prouesse sportive pour assurer un service d'une quarantaine de couverts avec  une cuisine simple et délicieuse.




Je rejoins la base de loisirs de Checy qui n'a aucun rapport avec les sports nautiques, c'est un centre aéré fermé le week-enk. Le camping voisin  accepte de  garder le kayak.
Catherine  me récupère en milieu d'après-midi, j'apprécie  enfin de ne rien faire et me laisser conduire. 

Orléans-St-Brévin

Etape 9-Mer 4          d'Orléans    à   Suévres          45 kms

Pour démarrer, une mise à l'eau à 500 m du camping où je laisse paquetage et embarcation, le temps de garer le véhicule dans une ruelle d’Orléans pour une dizaine de jours.

Premiers coups de pagaye vers 11 h et premier barrage non signalé , il est trop tard pour le repérer et  faire machine arrière. Au dernier moment, j'aperçois un passage , n'ayant pas le temps de remettre le kayak dans l'axe, celui-ci va se drosser sur les rochers. Avec mon poids,  il s'immobilise, mais quand je me lève, il se  libère et part  avec le courant. Le kayak  va chavirer et se retourner, mon sac  maintenu dans le filet ne bougera pas à l'inverse du trépied où était fixé la batterie solaire et la montre chronomètre. Le poncho acheté la veille va disparaître dans les flots. Après une première averse matinale, je l'avais porté sans grande conviction ,  la coupe des manches  gênait la rotation des bras .


Le moral est au plus bas car j'ai  négligé la fixation de mon équipement, je n'ai pas  pris la peine de regarder les difficultés du parcours alors que je me suis reposé 3 jours et  je  suis trempé ,  de plus  les averses vont se succéder. Ne voulant pas utiliser ma veste de pluie que je garde en dernier recours, je rejoins Beaugency pour trouver abri sous un pont.

Pendant une heure, je vais tenter de me réchauffer avec tous les vêtements secs disponibles mais  l'arche du pont  est ouverte aux courants d'air et il me faudra plus d'une heure avant de ressentir la chaleur.




D'après la météo, des éclaircies sont annoncées en fin d'après-midi, je rejoins le centre ville que je vais visiter entre un passage au bar et l'Office du tourisme où j'ai laissé mon portable en charge. C'est en voyant les poubelles des parcs publics que je pense me protéger avec des sacs plastiques. Le supermarché étant loin du centre, je vais vider les poubelles et récupérer un grand sacs de cent litres dans lequel je découperai le passage de la tête et des bras  et un plus petit pour protéger les pieds.

Le ciel se dégage enfin, la séance du cirque installé sur l'esplanade commençant à 17 h , c'est avec une musique "Piste aux étoiles" que je me remets à l'eau plein d'entrain.

Je passe la cascade du pont sans trop de problème et pour clôturer cette étape, il me reste le portage de la centrale de St Laurent-Nouan , exercice pour lequel je commence à être rodé.  

Seul plaisir de la journée, une gabare naviguant à la voile

C'est à Suévres que je bivouaque. N'ayant pas grand chose à manger, je me rabats sur une soupe en sachet et du chocolat.

 

Journée à oublier, même le bivouac est déprimant.


Etape 10-Jeu 5               Suévres  - Amboise                   45 kms

C'est l'anniversaire de P.Julien. Encore un temps perturbé  avec des pluies éparses et un vent de face, mais les manoirs et châteaux sont de plus en plus nombreux.


Château de Ménars


Escale à Blois, l'espace d'une éclaircie, le temps de prendre un café et de ravitailler. C'est la fin de  matinée et avec le soleil, les touristes refont leur apparition. Une animation que je n'avais plus rencontrée depuis Orléans. 
Trois kayakistes font aussi leur emplettes. Je n'en ai plus vus depuis Orléans. C'est  probablement  dû   au  mauvais temps ou à la rivière qui s'élargit avec de grandes lignes droites rendant la navigation ennuyeuse. Pour rompre la monotonie, je longe les berges au plus près, n'hésitant pas à slalomer entre les branches d'arbre. 








Château de Chaumont

Bataille contre le vent une bonne partie de l'après-midi  avant d 'atteindre Amboise où il se remet à pleuvoir. J'attends à la brasserie du camping  l'accalmie  qui permettra de monter la tente.
J'aborde notre quotidien avec un cyclo-randonneur dépité. Le manque de prise électrique dans les campings quand le déficit d'ensoleillement ne suffit pas à la recharge du téléphone et dans son cas de la cigarette électronique, rajouté au  vent et la pluie, vont lui faire abréger son périple.



Une journée normale avec de la pluie, ça se fête, alors ce soir, resto au centre ville mais ils sont  bondés , donc direction : le  Clos Lucé qui est fermé.
Je vais faire le 2 ème service  et m'enthousiasmer pour les sacs poubelle qui m'ont procuré une super protection contre les intempéries. 


 Etape 11-Ven 6               Amboise - Langeais                    43 kms

Lever 7 h    Le sol est détrempé et le temps menaçant , n'ayant  pas de table de pique-nique, de salle commune  dans le camping et son bar n'ouvrant qu'à 8 h30, je  revisite Amboise à la recherche de ravitaillement et d'un petit déjeuner. 

Je m’arrête  à Tours pour ma pause. Je vais déambuler à la recherche d'une batterie rechargeable et d 'un MacDo pour la recharger.


 

Un promeneur rencontré sur les quais me raconte avoir vu passer la veille une famille qui descendait la rivière en radeau composé de bidons plastiques  et que le passage sous un pont de la ville avait été délicat jusqu'à risquer le chavirage.





Tours au mois d’août


Le temps est tellement maussade que je vais passer devant l'embouchure du Cher sans m'en apercevoir, comme ce fut le cas pour l'Allier à Nevers et le Loiret à Orléans.

Je reprends la navigation jusqu'à Langeais et un  bivouac sur une île  juste après le pont de chemin de fer. 


Etape 12-Sam 7                Langeais - Saumur                    45 kms

Nouveau réveil  sous les nuages,  la météo annonce de la pluie dans la matinée et je passe Langeais sans m’ arrêter.

Peu après le départ, au passage d'une zone mouvementée du plan d'eau, le kayak va se mettre en travers. Je donne mon coup de pagaie dans un remous qui  me fait perdre  appui, je  vais chavirer sans pouvoir me récupérer, le tout sous une violente averse.

Au énième chavirage, j 'ai maintenant la technique pour me hisser à bord sans rejoindre le rivage à la nage. 

Et moi qui espérait rester au sec le plus longtemps possible.


Les  averses  vont s’enchaîner, elles durent une dizaine minutes mais je parviens à  les anticiper en voyant le grain arriver, le temps de revêtir les sacs poubelle et  m’abriter sous un arbre.


Arrêt à Brehémont pour la pause du matin avec les cyclotouristes de la Loire à vélo qui ne sont pas mieux lotis.  En effet, ils empruntent la levée construite pour retenir les eaux du fleuve et  sont exposés au vent de face.

Il reste la Centrale de Chinon à franchir sans difficultés où je retrouve Claude et Alain, les kayakistes de l'Allier qui s’arrêtent à Angers.  

Un  vent  soutenu s'est levé quand j'arrive à l'embouchure de la Vienne sous le soleil. Il va souffler de face jusqu'à Saumur en rendant le fleuve limite navigable pour un kayak ouvert.

Je campe   dans un grand complexe touristique avec quelques rares kayakistes et dîne au restaurant  du camping pour  profiter ensuite de Saumur by night.  





Etape 13-Dim 8             Saumur-Loire-Authion                  35 kms

Le ciel est dégagé et c'est aux aurores que je me réveille. Dimanche matin oblige, je vais en ville pour boire le café mais comme à Amboise auparavant,  cafés et boulangeries sont en congé annuel. Ça se termine au   Lidl et  au restaurant-piscine du camping sans perdre au change.

La rivière s'est considérablement élargie avec un chenal balisé qui serpente entre  les bancs de sable  et parfois,  en coupant , je m'échoue, ce qui m'oblige  à tirer le kayak sur plusieurs dizaines de mètres. 

Désirant m’arrêter à Angers , je prends mon temps avec une pause à Saint-Mathurin dans un des nombreux cafés, restaurants et guinguettes des bord de Loire qui animent les bourgs en ce dimanche après-midi.

Bivouac sur une île   à Authion. Une palette s'est échouée et un castor  a laissé ses traces de dents sur le bois. Elles sont fraîches et je vais veiller au cas où. Mais la soirée  est rythmée par la musique de la Guinguette à JoJo qui se trouve sur la rive d'en face.

Pensant en avoir terminé avec les chavirages et les conditions météo, c'est le téléphone portable qui me préoccupe. A l'utiliser par n'importe quel temps , il a fini par prendre l'humidité et l'affichage fonctionne par intermittence.


     Lun 9 27     Authion -Aux Ponts de Cés   -  Angers             5 kms

La venue du beau temps se confirme mais l'écran du  portable ne s'allume plus. je dois donc me rendre à Angers pour le remplacer.

Je laisse mon kayak au club nautique des Ponts de Cés  pour me rendre  à Angers en bus.

Ne pouvant pas  localiser les commerces d'électronique,  c'est dans un bar, où sans Pass Sanitaire on me refuse l'accès, que la serveuse m'indique un centre commercial en me servant un café à emporter.

 Dans ma gamme de prix, la pénurie des composants électroniques va   obliger à  faire plusieurs magasins avant de trouver. Le reste de la journée, passé à l'Office de Tourisme, sera consacré à préparer le nouveau portable, faire les mise à jour et surtout télécharger mon PassCovid sans lequel il m'est interdit d' aller dans les campings , les bars et restaurants comme les Mc Do où je peux recharger et disposer d'Internet . 

Retour au club nautique  en fin de journée où on me laisse bivouaquer sur la terrasse



 Etape 14-Mar 10     Aux Ponts de Cés  -  Vair/Loire      49 kms

Tous les voyants sont au vert , météo, bateau, conditions de navigation et même le sportif. J'ai  enfin pu apprécier un  confluent, celui de La Maine et de la Loire.

Je rejoins Mont St Jean sur Loire pour déjeuner. Les cyclo randonneurs ont repris possession de la Loire à Vélo , familles, groupes de retraité, bike-pakers, ......

Arrêt à Ingrandes   pour   ravitailler. Je discute  avec deux pêcheurs et un plaisancier venant de Nantes qui me briefe sur l'embouchure de la Loire et ses marées. Je photographie  son livret de navigation avec le balisage. 


Le camping indiqué est situé sur un bras fermé de la Loire, j'ai la flemme de porter mon paquetage, ce sera camping sauvage sur l'île Briand avec un super coucher de soleil, un hachis parmentier- tiramisu accompagné d'un Saumur Champigny.

Bivouac sur l'ile Briand 




Etape 15-Mer 11         Vair/Loire  -  Ste Luce/Loire     32 kms   



Je quitte mon île  quand le brouillard  s'est pratiquement levé  


     


et je profite de ma pause café à Ancenis pour joindre  M.Etienne. 


Nous allons  échanger nos moyens de locomotion et se retrouver  dans la commune d'Oudon où il suit un stage.

    Avec une formule  du jour au resto du village en guise de mini repas de famille.



L'après-midi, j'essaie d'atteindre  le camping de Ste Luce situé sur un bras de la Loire qui est à sec. Comme la veille, je dois  emmener mon paquetage sur 500m, avant qu'un  pêcheur m'explique qu'il faut attendre la marée et effectivement après une courte attente, l'eau commence à monter.  
Au camping, le temps de passer à l'accueil,   le kayak,  hissé sur la berge, avait changé de place.   La marée l'avait emmené  et ce sont des pêcheurs  qui l'ont récupéré pour le placer  en lieu sûr. 
Je viens de réaliser l'importance des marées à Nantes et pour rejoindre l'Atlantique , il me faudra composer avec.

Au menu du soir , pizza et rosé  chez M-Etienne puis retour au camping non sans avoir tenté de capter les ultrasons des chauves-souris  avec un enregistreur. 


 Etape 16-Jeu 12     Ste Luce/Loire - Frossay                 27 kms

Je déjeune  en consultant les horaires de marée  afin de trouver  la bonne  période  de navigation , la mer   monte  4 h  avant marée haute et redescend pendant 7 h, dixit le plaisancier de la veille. Hier, la chance m'avait souri car la marée était arrivée au moment où j'en avais besoin. Aujourd'hui je veux éviter de pagayer à contre courant. 


 Il me faut vérifier aussi les propos d'un campeur  relatant la mésaventure d'un kayakiste obligé d'interrompre son périple à Nantes , la Loire étant interdite aux embarcations légères jusqu'à St Nazaire. J'abrège mes recherches en ayant rien trouvé de probant.

Arrivé à Nantes , il me sera difficile de faire la pause café, les quais sont inaccessibles  et les pontons sont interdits. 





 

   Il me faut une trentaine de minutes pour quitter la ville   où il n'y a aucun attrait  quand on est au fil de  l'eau à l'inverse des piétons.


Je prends ma pause au terminus  de la navette fluviale  à  Trentemoult.

Quand je reviens au kayak, le niveau de l'eau a baissé et je dois  progresser dans  la  vase jusqu'à mi-cuisse pour le remettre à  l'eau, encouragé par les  touristes alentours.



Dans le cas d'une interdiction en vigueur , je préfère longer les quais du port de commerce et  éviter de me  faire remarquer .



Encore faudrait-il qu'il y ait quelqu'un sur l'eau, ce qui n'est pas le cas depuis Nantes où je n'ai vu aucune embarcation hormis les bacs qui   traversent le fleuve.








La Maison dans la Loire fait parti des 29 œuvres de land art   utilisant le cadre et les matériaux de la nature. Elles  jalonnent le fleuve   jusqu’à St Nazaire.






Depuis Nantes je n'ai quasiment pas vu de mise à l'eau que ce soit cale ou ponton. Il n'y a que vase et empierrement, ce qui justifierait l'interdiction faite aux embarcations légères  de naviguer sur le fleuve 


Ne   sachant pas exactement à quel moment va s'opérer l'inversion du courant, je ne m'aventure pas plus loin que les écluses de Martinière.
  
Une échelle permet d'accéder au quai m'obligeant à monter  tout le paquetage  et à laisser le kayak amarré.

Misconceivable d' Irwin Wurm


Point de passage de la Loire à Vélo, de la Vélodyssée , de l'EV1 et l' EV6, je trouve un  site très   touristique avec une aire de camping-car, un musée et surtout un restaurant où je vais passer l'essentiel de mon après-midi et prendre  mon repas du soir avant de rejoindre mon dernier bivouac.




Etape 16 et dernière étape -ven 13      

                                    Frossay - St Brévin les Pins            39 kms





Réveillé dans la  nuit par le lâcher des eaux de l'écluse, j'ai retrouvé le kayak retourné. Il a fallu le hisser sur le quai pour le vider totalement.


J'embarque avec un brouillard à couper au couteau, après avoir longtemps patienté  et  en espérant ne  pas croiser de cargo. Le fleuve est suffisamment large  pour les deux mais c'est la vague d'étrave  qui risque de me propulser sur les rochers des berges. 
Dernière pause café sur la Loire à Paimbeuf avant de rejoindre l'Atlantique. Je veux clôturer mon périple en faisant   escale  aux chantiers navals et   St Nazaire avant de retraverser l'estuaire pour rejoindre St Brévin.


Passé le pont de St Nazaire , je me sens tout petit  face  au gigantisme   de l'ouvrage et la largeur de l'estuaire. Avec  le courant de la Loire  qui m'emmène vers le large et une légère houle qui   rend le bateau instable ,  je rejoins St Brévin-les-Pins  prématurément où M-Etienne doit me récupérer. 



Qu'y avait- il de mieux qu'une base nautique pour terminer mon voyage. Les moniteurs acceptent de garder le bateau quelques jours le temps de récupérer le véhicule.